L’Art de la paix, Secrets et Trésors de la diplomatie : Une exposition à découvrir au Petit Palais jusqu’au 15 janvier 2017.

28/10/2016

On connaissait l'Art de la guerre, voici maintenant que le Petit Palais explore l'Art de la paix et ses évolutions en France depuis le Moyen Age jusqu'à nos jours. Sont à l'initiative de cette exposition le Petit Palais et le ministère des Affaires étrangères et du développement international. Le résultat est étonnant : plus d'une centaine de traités et une soixantaine de documents issus des archives diplomatiques -emblématiques de l'histoire des relations internationales de France - dévoilés au public pour la première fois. Une exposition inédite qui met en scène le roman national de la diplomatie française.

 

 

 

 

Traité de paix avec l’Empire, dit « traité de Westphalie ». Munster, 24 octobre 1648. © Frédéric de la Mure / MAEDI

 

 

Le petit palais se confronte au difficile enjeu de montrer les évolutions et complexités que recouvre l'idéal de paix de la nostalgie de l’ordre romain et des partisans de la paix de Dieu jusqu’aux penseurs modernes avec ses grandes dates et acteurs majeurs, de Charlemagne à Napoléon et De Gaulle ainsi que de sa prégnance dans le monde contemporain. Toutefois, la paix ne peut exister sans la guerre, c’est donc à son aspiration et aux négociations pour l’établir qu’est dédiée l’exposition.

La scénographie est signée Philippe Pumain et propose un parcours chronologique et thématique organisé en cinq sections.

L'exposition s'ouvre sur une première section intitulée « La Paix des Princes, une affaire de familles », mettant en avant le jeu d'alliances des grandes familles européennes régnantes. C'est l'occasion de découvrir les traités les plus emblématiques des heures glorieuses de l'histoire de France, illustrées notamment par le traité de Presbourg (1491), mais également de ses heures moins glorieuses comme en témoignent le Traité de Troyes dit « honteux traité de Troyes » (1420) ou encore le Traité de Paris (1763) mettant fin à la guerre de Sept Ans.

 

Néanmoins, l'accent est surtout mis sur la forme que revêt la diplomatie à l’époque : une diplomatie à taille humaine qui concrétise les traités par des unions matrimoniales. Aussi, pourra-t-on voir le fameux contrat de mariage de Louis XVI et de Marie Antoinette qui participa à consolider les relations entre la France et l'Autriche. Toutefois, les alliances ne seront pas toujours prospères : certaines seront rompues en cours de route au profit d'une autre alliance plus fructueuse ou bien d'autres même dégénéreront en guerres de « Successions ». La diplomatie des mariages révèle donc aussi sa part d'échecs.

Antoine Coypel, Louis XIV se reposant dans le sein de la Gloire, après la paix de Nimègue 1678, 1681. © Musée Fabre de Mont


De nombreuses œuvres – allégories de la paix ou exaltation du souverain triomphant - accompagnent ces documents historiques. Elles célèbrent un triomphe particulier comme la peinture de Michel Dandré-Bardon Allégorie de la Paix de Vienne ou encore le tableau Antoine Coypel Louis XIV se reposant dans le sein de la Gloire, après la paix de Nimègue 1678, ou alors dépeignent l’idéal de paix en associant à la figure du monarque une série d’attributs : un rameau d’olivier, une corne d’abondance et des épis de blé ou encore les colombes de Vénus installant leur nid dans le casque de Mars, dieu de la guerre. L’exposition présente donc des œuvres diverses: peintures, sculptures, mobilier, objets d’arts précieux... Afin de faciliter la compréhension des documents historiques, trois salles sont équipées d’écrans tactiles.

 

Jean-Francois de Troy, Portrait de Louis XV de France et l’infante d’Espagne, 1724. Florence, Palais Pitti. © 2016. Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali

 


Peu à peu, le parcours donne à voir les évolutions de la diplomatie. Aux XVII et XVIII le monde de la négociation se diversifie et se professionnalise. C’est le moment où le ministre Colbert de Torcy tente la création d’une première école de formation à la diplomatie. On découvre le texte des grands traités comme le Traité de Westphalie (1648), ou encore le texte du Congrès de Vienne (1814) qui organisa l’équilibre entre les nations. L’exposition s’attache particulièrement à dépeindre la place de la France et par dessous-tout le rôle de Paris dans les relations internationales. Du traité de 1269 à la COP21, Paris a accueilli de nombreuses négociations comme autant d’aspirations des Hommes à la paix. Aspirations relayées par l’opinion publique et les intellectuels : Lamartine, Hugo, Daumier, Steinlen ou Picasso dénoncent les conflits et s’engagent pour la paix. Le parcours se clôt sur la Société des Nations, crée en 1920 à la suite de la signature du Traité de Versailles prônant un idéal de paix absolu. Une paix aujourd’hui sans cesse menacée par les enjeux planétaires du nouvel ordre contemporain comme la mondialisation économique, le réchauffement climatique ou la question nucléaire.

 

 

Siam Lettre du roi du Siam Mongkut (Rama IV) à l’empereur Napoléon III, remise lors d’une audience officielle à Fontainebleau le 28 juin 1861. Cette lettre – la dernière de ce type à avoir été envoyée à un souverain français, après Louis XIV – suit la signature du traité d’amitié, de commerce et de navigation signé le 15 août 1856 à Bangkok. © Frédéric de la Mure / MAEDI

 

 

 Pérou Ratification péruvienne du traité d’amitié, de commerce et de navigation entre la France et le Pérou du 9 mars 1861. Lima, 23 mai 1861. © Frédéric de la Mure / MAEDI

 


La chambre des trésors

Une salle de l’exposition est consacrée aux « Trésors de la diplomatie ». Dans une semi-obscurité sont révélés des documents emblématiques de l’histoire de France, conservés aux archives du ministère des Affaires étrangères. Cette salle est sans doute celle qui témoigne le plus de ce qu’on peut nommer « l’art de la diplomatie ». Ces documents sont bien évidemment des pièces historiques mais ils sont tout aussi admirables pour leur beauté exceptionnelle illustrée par la qualité esthétique de la calligraphie, de l’enluminure et du sceau. L’aspiration à la paix s’accompagne de l’importance de sa mise en forme, aussi, ces documents contribuent à lui donner tout son éclat.

 

Traité sur l’Union européenne. Maastricht, 7 février 1992. (copie certifiée conforme à l’original ; gouvernement italien dépositaire de l’original) © Frédéric de la Mure / MAEDI

 

 

 

Pablo Picasso, Colombe de la paix, 1950. Musée d’art moderne de la Ville de Paris. © Succession Picasso 2016 © Musée d’Art Moderne / Roger-Viollet

 

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