Cinémathèque Française : Soirée hommage et rétrospective à Patrice Chéreau

La Cinémathèque rendait hommage cet automne à Patrice Chéreau à travers une rétrospective consacrée à son œuvre. Lors de la soirée d’ouverture, La Reine Margot - projet illustre du cinéaste - était projeté. L’occasion de découvrir avec une attention nouvelle l’un des chefs-d’œuvre du cinéma français.



C’était l’une de ces soirées dont on garde le souvenir d’avoir assisté à un moment émouvant et singulier. Patrice Chéreau, metteur en scène mondialement reconnu, s’illustra d’abord sur les planches puis à l’opéra. Mais l’homme de théâtre n’oublia jamais ses rêves de cinéma. Au cours de sa carrière, Patrice Chéreau ne cessa d’explorer les relations entre le théâtre et le cinéma portant souvent à l’écran des récits ambitieux aux décors majestueux. La Reine Margot -œuvre majeure du cinéaste- en représente la consécration : des couleurs flamboyantes, des décors somptueux, des scènes collectives impressionnantes et le tout mené par des acteurs charismatiques voire parfois hypnotisant. Jusqu’à la fin de sa vie Patrice Chéreau travailla avec acharnement à cette œuvre mythique, restauré en 2013 en 4k par Pathé. “Avec La Reine Margot, j’ai vraiment appris à faire du cinéma” disait-il. Une partie de l’équipe du film dont la scénariste Danièle Thompson et les acteurs Jean- Hugues Anglade, Pascal Greggory et Dominique Blanc était ainsi présente pour rendre hommage à l’œuvre et partager leur expérience. Dominique Blanc se rappelle par exemple du premier jour de tournage et évoque “l’énergie absolument extraordinaire” qui régnait sur le plateau ainsi que “l’envie irrésistible de cinéma” qui émanait de Patrice Chéreau. Pascal Greggory, lui, nous fait partager quelques extraits d’une lettre que le metteur en scène lui avait adressé peu après la fin du tournage, le 17 novembre 1994 : “ Je voudrais que tu saches que ce n’est jamais l’acteur que j’ai pu raccourcir ou couper par moments”. C’est dire si l’émotion est palpable envers le cinéaste, très attaché à ses acteurs. Aussi, pouvait-il exprimer son envie de cinéma en ces termes : “une des raisons pour lesquelles j’ai besoin de faire du cinéma, c’est aussi pour me rapprocher du visage des comédiens, par moment de souffrir même de les voir si loin au théâtre.” Mais l’œuvre parle d’elle-même et la projection de presque trois heures laisse place aux très nombreux applaudissements. La Cinémathèque ne pouvait donc rendre meilleur hommage à Patrice Chéreau dont la production à travers les arts a bien comme point commun celui de nous offrir du grand spectacle.



Rétrospective Patrice Chéreau

Du 16 au 28 novembre 2016

La Cinémathèque Française

51 Rue de Bercy, 75012 Paris

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