De la caricature à l'affiche 1850-1918 : une exposition à découvrir au Palais Lumière d'Evia

Situé à la lisière de la Suisse, le Palais lumière, bijou architectural evianais, accueille jusqu’au 8 janvier une partie des collections du musée des Arts décoratifs de Paris. L’exposition rend hommage à l’apport des caricaturistes à l’art de l’affiche au tournant du XIXeme siècle. Une exposition haute en couleurs qui permet à travers un parcours ludique une entrée complète dans l’époque.




Toulouse-Lautrec, Jules Chéret, Alphonse Muchet et plus tard Jossot, Sem, Barrère, Guillaume Gus Bofa, Roubille et Cappielo : les grands noms sont nombreux ! et pour cause l’artiste est au cœur des mutations de la société de l’époque. Sont mis en lumière leurs rapports à l’industrie florissante de la presse mais également à une industrie qui a pour but de faire vendre en servant les intérêts publicitaires. L’artiste est sur tous les fronts et son art s’exerce sur tous les supports.


Unes de journaux, dessins de presse et affiches publicitaires tapissent les murs de l’exposition. En effet, dès le XIXeme siècle, l’image pénètre le quotidien des français de l’espace public (affiches, kiosques) jusqu’à la sphère privée (journaux illustrés, magazines, produits ménagers, alimentaires…). En devenant familière à tous, elle se présente comme un élément constitutif de l’évolution de la société et se retrouve au centre du processus artistique, commercial et social.


Néanmoins, on reconnait aisément le trait acerbe et l’art du raccourci et de l’ellipse propres aux caricaturistes. En effet, c’est bien à l’art de manier le crayon qu’est dédié le parcours et qui se trouve notamment explicité par les affiches de Leonetto Cappiello connu pour avoir transposer sa technique de simplification graphique à l’affiche.


Leonetto Cappiello, Affiche, Corset Le Furet, 1901. Lithographie couleur, 138 x 98 cm © collections du musée des Arts décoratifs




Que l’image glorifie ou décrit, elle prête toujours au sourire. Le rire inaugure un nouveau moyen de communication, qu’il informe ou désinforme, qu’il éclaire ou manipule. Mais l’image est sans détour et la plume et le crayon donnèrent lieu à de véritables affrontements. On s’attardera par exemple sur le déferlement de caricatures que l’Affaire Dreyfus suscita. A ce titre, la non moins célèbre représentation de Zola en « roi des porcs » que publia le Musée des Horreurs (journal antidreyfusard) donne un aperçu de la violence de ces attaques. « Ce rire, note Arsène Alexandre, ce sont les grands événements qui l’engendrent, les grands crimes qui lui font sortir et siffler ses lanières, les grands sentiments qui l’embellissent ». Art cathartique en accord avec son temps, le trait du caricaturiste insuffle un peu de légèreté dans la gravité. Aussi, la dernière salle de l’exposition - bien que plus sombre car présentée dans une tonalité grise – est consacrée à l’hebdomadaire Charlie Hebdo qu’elle célèbre à travers ses diverses Unes.


Un panorama certes un peu large mais qui propose une belle célébration des dessinateurs et caricaturistes à travers les siècles.



PALAIS LUMIERE Du 5 novembre 2016 au 8 janvier 2017 Quai Albert-Besson, 74500 Evian Du mardi au dimanche de 10h à 19h et le lundi de 14h à 19h



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