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La Jeune Fille sans mains : un film de Sébastien Laudenbach à découvrir en salles le 14 décembre 2016

08/12/2016

Sébastien Laudenbach avait déjà été remarqué pour ses nombreux courts ; il fait cette fois grande impression avec son premier long-métrage La jeune fille sans mains, une adaptation librement inspirée du conte des Frères Grimm. Un film étonnant, qui surprend par son originalité et charme par la liberté de ton.

 

La jeune fille sans mains © Les Films Sauvages



En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable en échange de la richesse. Protégée par sa pureté, celle-ci parvient à lui échapper mais y laisse ses deux mains, tranchées par son père sur ordre du Diable. Cet évènement conduit la jeune fille à avancer en quête d’un autre chemin, loin de sa famille. Débute alors une longue aventure solitaire parsemée de joies et de malheurs.

Il y a d’abord ce dessin peint sur papier dont l’épure, la finesse et l’expressivité nous rappellent la calligraphie chinoise. Puis les couleurs, qui ne se limitent pas au trait mais s’en détachent régulièrement, virevoltant au gré des humeurs. L’image n’est jamais fixe et se projette toujours vers cette autre qui lui succèdera. Le dessin se construit au fur et à mesure que la jeune fille poursuit sa destinée. Le trait est mouvant, il fluctue en même temps que l’action. En résulte une œuvre d’une fluidité étonnante dont le trait se fait l’expression même du déroulement de la narration.

 

La jeune fille sans mains © Les Films Sauvages


De même, l’écriture est à la fois subtile et directe. Pas de fausse pudeur ; les thèmes abordés– la faiblesse des hommes, le plaisir charnel, l’enfantement- sont représentés de façon réaliste. Qu’il soit question de cruauté ou d’amour, la trivialité est dépeint avec justesse et sincérité.

Car l’histoire est bien un hymne à la vie : «je ne désire rien d’autre que de vivre» dit la jeune fille. Aussi, la poire –allégorie du fruit défendu- qu’elle mange dans le verger du Prince marque son entrée dans le monde adulte et le début de ses aventures. « Vas, manges et vis » lui dicte la déesse de l’eau.

 

La jeune fille sans mains © Les Films Sauvages

 

 

La jeune fille sans mains © Les Films Sauvages



Cette épopée, avec sa part de beauté et de noirceur, est empreinte de lyrisme et de musicalité. Les voix d’Anaïs Demoustier (la jeune fille), Jérémie Elkaïm (le prince) et Philippe Laudenbach (le diable) d’une part, et la très belle musque d’Oliver Mellano d’autre part apportent une certaine dynamique oscillant entre la fragilité et la force d’esprit.

Une œuvre lumineuse et poétique, libre de toutes contraintes qui plaira à tous. A voir absolument !

 

 

Date de sortie 14 décembre 2016 (1h 13min)

De Sébastien Laudenbach

Avec Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm, Philippe Laudenbach

Genre Animation

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