De Méliès à la 3D : la machine cinéma. 120 ans de l’histoire du cinéma présentés à la cinémathèque.

Jusqu’au 29 janvier 2017, la Cinémathèque propose un parcours des métamorphoses successives de l’image animée de la fin du XIXeme siècle jusqu’à l’ère numérique. Caméras, projecteurs, matériels de studio : plus de 250 appareils -comptant parmi l’une des plus belles collections au monde- sont dévoilés au grand public.

La Cinémathèque Française©DR

Le cinéma, considéré comme le septième art, est pour beaucoup une fenêtre ouverte sur le monde, une forme d’expression artistique mais il est aussi avant tout un médium relevant des avancées technologiques. Dans ce sens, on peut dire que la technologie détermine en grande partie la forme et l’esthétique du cinéma.


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Les grandes étapes de cette histoire méritent d'être visitées : la chronophotographie (fin du XIXe siècle), du kinétoscope (1891), l’arrivée du cinématographe de Louis Lumière (1894), les « talkies » (1927), le Technicolor (1932), le CinemaScope (1953), le format 70 mm (1955), la caméra légère et la Nouvelle Vague (années 1950), l'ère numérique (années 1990), etc., ont engendré à chaque fois des formes totalement nouvelles. L'affinement progressif des pellicules, caméras, projecteurs, micros, magnétophones, tireuses, éclairages, objectifs, capteurs, etc., va de pair avec l'évolution plastique des images.


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On se souviendra par exemple de ces nouvelles techniques qui ont accompagné les films tels que le technicolor, flamboyant dans le film de Victor Fleming, Autant emporte le vent (1950), le format scope utilisé dans L’Infernale poursuite de Francis D.Lyon (1956), la caméra légère de la Nouvelle vague ou encore les débuts de la 3D dont Avatar (2009) de James Cameron illustre le succès. Afin de remonter le cours du temps, le commissaire de l’exposition Laurent Mannoni a décidé d’ouvrir le parcours avec les premières caméras : celle bricolée par Méliès lui-même mais également celles de Marey et Lumière. Ainsi débute l’histoire d’une progression vertigineuse. La suite du parcours est faite de pièces inédites : la caméra de Jean-Luc Godard, la torpille sous-marine d’Océans et les plus récents appareils numériques. En écho à ces machines sont projetés des dizaines de films rares : films muets, sonores, en couleurs...jusqu’à la 3D de Gravity..


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Les projecteurs de tous formats sont également présents, certains en fonctionnement, le haut-parleur original du Chanteur de Jazz (1927) dont on pourra entendre les sons, la première télévision (1930) et des dizaines de films rares en projection – films muets, sonores, en couleurs, en 3D… – accompagnés de programmes expliquant le fonctionnement de ces machines intrigantes. On verra comment la technique engendre des formes inédites, et réciproquement, comment la recherche esthétique – le désir de voir de nouvelles images – donne naissance à de nouveaux appareils ou procédés.


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Le choix de l'appareillage est déterminant pour un film. « Ce qui caractérise un cinéaste, ce sont les moyens qu'il emploie », disait Éric Rohmer. Citizen Kane (1941) bénéficie non seulement d'un réalisateur et d'un directeur de la photographie hors normes (Orson Welles et Gregg Toland), mais aussi d'une caméra encore à l'essai, la Mitchell BNC, qui va s'imposer ensuite partout pendant de longues années.


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Jean-Luc Godard comparait la pellicule a un cœur battant à 24 images secondes ; aujourd’hui la machine cinéma est toujours en marche mais ne perd pas pour autant de vue l’émotion qui la caractérise. L’exposition permet donc un réel panorama des évolutions techniques et esthétiques du cinéma, tout en mettant en exergue le cinéma de demain. A ne surtout pas louper si vous êtes cinéphiles ! A noter : l’exposition s’accompagne de projections, d’un cycle de conférences.





De Méliès à la 3D : la machine cinéma

Du 5 octobre 2016 au 29 janvier 2017

à la Cinémathèque Française

51 Rue de Bercy, 75012 Paris



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