© LE PRISME magazine 2015-2019

L’écran japonais : 60 ans de découvertes

28/12/2016

Jusqu’au 25 juin 2017, la Cinémathèque met à l’honneur le cinéma japonais, grâce à 170 documents triés sur le volet : sublimes kimonos de La Porte de l’Enfer et de Kagemusha, peintures originales à l’encre et aquarelle d’Hiroshi Mizutani (dernier chef décorateur de Kenji Mizoguchi), affiches et photos de grands films classiques ou de cinéma bis, objets insolites. L’exposition retrace une partie de l’histoire du cinéma japonais à travers le prisme de ses relations avec la France et plus particulièrement à cette institution française.

 

 Tadanori Yokoo Journal du voleur de Shinjuku

Sérigraphie – 1970

Journal du voleur de Shinjuku – Nagisa Oshima

Coll. La Cinémathèque française – Don Yuriko Govaers

© Kiyoshi Awazu

 

 

Le cinéma japonais est l’un des sujets privilégiés de la cinémathèque. Au fil du temps, l’institution a intégré ce cinéma au sein de sa programmation œuvrant ainsi à sa découverte par le grand public. En 1963, la première rétrospective, intitulée « Chefs-d'œuvre du cinéma japonais » permet la découverte de plus de 140 films d'auteurs aujourd'hui incontournables (Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi, Mikio Naruse et Yasujiro Ozu). En 1971, une nouvelle manifestation, intitulée 75e anniversaire du cinéma japonais, révèle une nouvelle génération de cinéastes comme Nagisa Oshima, Hiroshi Teshigahara et Kiju Yoshida. Enfin, en 1984, une rétrospective monumentale est organisée : « Le cinéma japonais de ses origines à nos jours » composée de 500 films traitant de thèmes majeurs du cinéma japonais comme la science-fiction, le mélodrame, les documentaires, la guerre et l'érotisme.

 

 © Coll. La Cinémathèque française

 

Madame Kawakita

Tirage RC - 1934

Coll. La Cinémathèque française – Don Yuriko Govaers © Madame Kawakita

 

 

De façon conjointe à ces évènements, la collection japonaise s’élabore peu à peu. Aujourd’hui, sont exposées au sein de la galerie des donateurs du musée de la Cinémathèque des pièces japonaises comptant parmi les plus belles de la collection. L’espace n’est pas très grand, mais l’exposition n’en demeure pas moins fascinante. On peut ainsi admirer les sublimes kimono de La Porte de l’Enfer (1953, Teinosuke Kinugasa), film d’une esthétique époustouflante qui remporta le Grand Prix au festival de Cannes de 1954, ou encore ceux de Kagemusha, l’ombre du guerrier (1980) d’Akira Kurosawa. Une multitude d’autres pièces et de « petits papiers » sont également dévoilés aux yeux du public : lettres, scénarios, affiches, photos, dessins, documents rares et précieux...

 

 

 Veste de kimono en coton beige à motifs peints dorés - circa 1953

Les Contes de la lune vague après la pluie, de Kenji Mizoguchi

©La Cinémathèque française

 

 

 

Cette collection - fruit des nombreux échanges entre les deux pays – symbolise l’entente mutuelle entre la Cinémathèque française et les cinéastes japonais. A ce titre, la cinémathèque souligne l’apport de deux ambassadrices du cinéma japonais se distinguant par leur dévouement : Mme Kawakita et Mme Hiroko Govaers qui ont accompagné au cours des programmations plusieurs générations de réalisateurs.

 

Néanmoins l’entente traditionnelle demeure. Aussi, Kurosawa écrit « J’ai chez moi, sur le mur de mon bureau, une grande photographie d’Henri Langlois ». La collection n’a d’ailleurs pas fini de s’agrandir puisqu’elle a récemment reçu en don un costume et des photographies du tournage du prochain film de Kiyoshi Kurosawa, La femme de la plaque argentique (sortie prévue en France en décembre 2016).

 

 Le Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki, 2001

©La Cinémathèque française

 

 Hiroshi Mizutani L’Impératrice Yang Kwei Fei Maquette de costume - Aquarelle et mine de graphite – circa 1955 L’Impératrice Yang Kwei Fei (Yokihi) – Kenji Mizoguchi – 1955 Coll. La Cinémathèque française – Don Teinosuke Kinugasa 1961 © Mizutani

 

 

A noter : l’exposition sera accompagnée tout au long de l’année d’un cycle de 26 films allant du cinéma muet jusqu’aux débuts des années 70. Une sélection proposée par Pascal-Alex Vincent alliant grands classiques et films rares.

 

 

L’Écran japonais 60 ans de découvertes

Exposition du Musée de La Cinémathèque française (Galerie des Donateurs)

51 rue de Bercy, 75012 Paris

14 septembre 2016 – juin 2017

 

 

Tags:

Please reload