La TEGEVAL, histoire d’une coulée verte en Île-de-France par Gilles Duquenoy

01/06/2017

 

Gilles Duquenoy, chef de projet, de la SMER et maître d’ouvrage de la Tégéval, a piloté la mission de la nouvelle coulée verte. Un chantier de 11 ans, il nous raconte son expérience au cours de cette aventure...

 © DR Gilles Duquenoy, chef de projet de la Tégéval

 

 

La Tégéval est une voie verte de 20 km destinée aux piétons, aux personnes à mobilité réduite et aux cyclistes. D’une surface de 96 hectares, elle traverse huit communes à travers le sud-est de la région parisienne (91, 94) : Créteil, Limeil-Brévannes, Mandres-les-Roses, Marolles-en-Brie, Santeny, Valenton,

Villecresnes,Yerres. Elle rejoint par deux diverticules le parc de la Saussaie-Pidoux, le Bois Colbert et les jardins familiaux à Villeneuve-Saint-Georges.

 

Gilles Duquenoy, chef de projet, maître d’ouvrage pour le SMER et de la Tégéval, a piloté la mission de la nouvelle coulée verte. Chantier de 11 ans, il nous raconte son expérience au cours de cette aventure...

 

 

Quelle fut l’origine de la  “TG VÉGÉTAL”?

 

L’origine du projet est liée au départ au TGV. Entre Créteil et Santeny (94), une ligne «d’interconnexion» permet aux grandes lignes ferroviaires de bifurquer au Nord, à l’Est et au Sud Est sans passer forcément par Paris. Rupture dans un territoire déjà fortement marqué par les voies périphériques ou lignes de haute tension, une mesure de compensation fut décidée à l’arrivée de la nouvelle ligne à grande vitesse, dans les années 90. Une coulée verte a été réfléchie afin de favoriser les liaisons dans un territoire morcelé. La zone d’interconnexion des TGV va progressivement former un corridor biologique entre la ville et la campagne. Le projet de la «Tégéval» anagramme du mot végétal,est né.  

 

 

Quels sont les organisateurs du projet de la coulée verte?

 

Suite à une étude de faisabilité de l’IAURIF en préalable, la Région a  confié ce projet à l‘AEV. Le département s’est ensuite rattaché au projet dont le programme permettait de connecter les grands espaces vert départementaux du Val de Marne. Le projet regroupe  trois acteurs : la Région Île-de-France (premier financeur du projet avec 60% de 60M€TTC), l’Agence des espaces verts de la Région Ile-de-France (AEV) et le Département du Val-de-Marne (40%  des financeurs pour le Département).

 

 

En quoi consiste le SMER?

 

En 2008, pour mettre en place la maîtrise d’ouvrage du projet de la Tégeval (études et travaux d’aménagement), le SYNDICAT MIXTE D’ÉTUDE ET DE RÉALISATION (SMER) a été créé. Cette collectivité territoriale, cette structure permet de mettre en relations les acteurs du projet. Elle se compose de 20 élus régionaux et départementaux avec un budget annuel de 3 millions d’euros. Georges, M. Pierre-Jean GRAVELLE, conseiller départemental, est présidente du SMER., est présidente du SMER.

[Monsieur Gilles Duquenoy], une équipe de techniciens de l’AEV et du département du Val-de-Marne sont affectés au projet et assurent son fonctionnement administratif et technique. Cette collectivité a été créé spécialement pour le projet de la coulée verte est tend à disparaître une fois le projet réalisé.

 

 Carte de la Tégéval par le SMER source AEV

 

 

Quelle fut la stratégie de l’AEV pour ce projet ?

 

Piloté par l’Agence des espaces verts, ce projet porte un enjeu fort : rétablir des liens physiques et naturels entre l’urbain et le rural et construire une liaison verte pour susciter de nouveaux regards, de nouvelles façons de bouger et de se rencontrer. On est rentré dans une logique de connexion des grands parcs plutôt que d’additionner des parcs ponctuels. C’est devenu un enjeu majeur du département pour préserver la biodiversité.

Ainsi l’intention du projet est de créer un corridor végétal de 20 km, un lieu de promenade et de loisir qui prend en compte les enjeux écologiques des zones périurbaines.

 

 

Un corridor végétal en zone périurbaine source AEV

 

 

Quelles furent les différents étapes du projet ?

 

-Phase de programmation en 2010-2011 où l’on précise le périmètre, les grand enjeux globaux. Des phases de concertations sont mises en place pour les Comité de consultation des villes (présentation de tous les sujets transversaux avant qu’ils ne soient décidés par le SMER).

L’étude de programmation est définitivement adoptée en 2010 par la maîtrise d’ouvrage.

 

- Une enquête publique associant la population à ces futurs changements s’est déroulée en mars-avril 2012. Le projet a été déclaré d’utilité publique entre Créteil et Villecresnes le 09 avril 2013.

Cette étape a pris beaucoup de temps, par conséquent la SMER a anticipé en amont la phase projet et chantier de la coulée verte. Le début des travaux a pu débuter dès septembre 2013 (de 2013 à 2017 4.5 km d’aménagement seront réalisés).

 

- En 2014, entre Créteil et Valenton une passerelle est réalisée au-dessus de la RN406 pour relier la base de l’île de loisirs de Créteil aux transports en commun existants (ligne 8 du métro et bus en site propre Sucy-Bonneuil). Elle fut confiée à Marc Mimram architecte ingénieur, qui a notamment conçu la passerelle Solférino à Paris. le chantier a pris un an et demi .

 

Aujourd’hui il y a plus de 10 km accessibles. Notre objectif est de permettre en 2020 une circulation sécurisée sur les  20 km. Tous les chantiers lancés d’ici là concernent  les points de ruptures du parcours pour mailler et avoir un tracé continu.

 

Une passerelle conçue par l’architecte Marc Mimram source AEV

 

 

Comment avez vous constitué l’équipe de maîtrise d’oeuvre?

 

Le SMER réalise sa maîtrise d’oeuvre en  interne. Développant un concept un peu novateur en terme d’environnement et pour la conception des sols, nous avons souhaité garder la maîtrise d’oeuvre de nos opérations. Toute la conception est faite en interne soit par des paysagistes du Val de Marne soit par des paysagistes de l’AEV. Pour des sujets pointus comme le sol , l’écologie..., on s’entoure de prestataires (recrutement par des marchés publics).

C’est un mixte entre la maîtrise d’oeuvre externe et interne.

 

 

Comment intégrer le RÉEMPLOI dans le paysage?

 

On ne peut plus aujourd’hui continuer à piller les terres agricoles pour construire nos projets paysagers en centre ville. On court à notre perte écologiquement et économiquement. Sur le projet de la Tégéval on a tenté de minimiser les exports et imports de terre et de travailler le plus possible en équilibre interne à l’échelle de nos sites et des aménagements qui ont lieu à proximité. Le but c’est de valoriser les sols en place pour éviter que les camions ne fassent  des centaines de kilomètres.

 

De plus certains matériaux des sites sont récupérés dans la mesure du possible. Les pavés de la  pointe du lac par exemple proviennent de l’ancienne voirie Pompadour.

 

Concernant les plantations, le programme de la Tégéval consiste en un travail avec la végétation spontanée et en la plantation des plantes locales de la Région. Ce choix permet de préserver et de renforcer la  biodiversité. C’est la suite logique de notre travail, on essaye de travailler des sols relativement pauvres sur lesquels on ne peut de tout façon pas planter des arbres tiges énormes,  plus exigeants en en termes de sol d’ entretien.

Plus on travaille avec une flore locale et petite plus on a de chances qu’elle prenne dans les sols  mis en place et qu’on obtienne un résultat final acceptable. [Pour les assises en bois dans le parc] c’était une sculpture offerte au département du Val de Marne, et qu’on nous a proposé d’intégrer dans le projet Tégéval.

 

 © DR des assises de récupération

 

 

Quels moments forts du projet vous retiendrez ?

 

Je dirais maintenant,  puisque le projet commence à prendre vie, notamment grâce à l’appel à projets « animons la Tégéval » lancé par le Smer en 2016 et qui permet aujourd’hui à 9 associations partenaires de proposer plus de 60 animations tout au long du parcours. Grâce à cette dynamique on permet de faire vivre le projet localement. De plus avec l’installation d’associations locales les habitants commencent à s’approprier le projet.

 

 

Avez vous d’autres projets pour la suite?

 

Une liaison, véloroute, entre Paris et le Mont saint Michel est en cours de réflexion. L’idée est de prolonger une ancienne coulée verte de l’AEV,l’AEV, « la coulée verte du Sud parisien »,  de Massy au Mont Saint Michel. Ce nouveau projet de véloroute inscrit au schéma national correspond plus à de l’éco-tourisme.

 

 

© DR Une nouvelle promenade plantée

 

 

 

Plus d’informations sur le projet de la Tégéval :

 

Date de création du territoire : 1999                                                     

Superficie :98 ha            

                                   

Communes de situation :            

Créteil (94), Valenton (94), Limeil-Brévannes (94), Yerres (91), Villecresnes (94), Marolles-en-Brie (94), Santeny (94), Mandres-les-Roses (94)

         

Validation du périmètre de l’opération : 2010

 

Coût d’acquisition : 4 millions d’euros (à la charge de l’AEV)

 

Coût d’aménagement : 60 millions d’euros

 

(60 % Région - 40 % Conseil général du Val-de-Marne)

Coût d’entretien et de gestion : 800 000 € / an

(à la charge du Conseil départemental du Val-de-Marne) pour l’ensemble du linéaire

 

Partenaires : Communes de situation, Syndicat mixte d’étude et de réalisation

(maître d’ouvrage et maître d’œuvre du projet de paysage), Conseil régional d’Île-de-France, Agence des espaces verts de la Région Ile-de-France et Conseil départemental du Val-de-Marne (membres du syndicat et financeurs), Agence Marc Mimram

(maître d’œuvre de la passerelle sur la RN406)

 

source:  http://aev-iledefrance.fr/

 

 

 

 

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