Les missions de l’agence des espaces verts d’île-de-France (AEV), par Anne Cabrit

01/06/2017

Anne Cabrit, présidente de l’AEV, nous aide à comprendre comment s’organise le processus de sauvegarde et d’aménagement d’espaces verts dans la région d’Île-de-France.

 

© DR Anne Cabrit, présidente de L’AEV

 

 

Aujourd'hui les conséquences du phénomène de l’étalement urbain (allongement des  distances parcourues, pertes de terres agricoles, destructions des milieux naturels et de la biodiversité…) nécessitent de repenser le schéma de nos régions.

L’AEV, l'agence des espaces verts protège et aménage les espaces naturels d’Île-de-France. L’agence mène également des actions de sensibilisation pour inciter au respect et à la sauvegarde de la biodiversité.

 

Anne Cabrit, 45 ans, juriste, conseillère régionale et maire de la commune d’Orsonville, a été récemment nommé à la Présidence de l’AEV par Valérie Pécresse, présidente de la région Ile de France. Optant pour une stratégie pragmatique et respectueuse du patrimoine vert de la région ile de France, la présidente s’est fixée comme principal objectif de réunifier les acteurs des espaces naturels d’Île-de-France, tout en répondant aux enjeux nouveaux en matière d’agriculture et de biodiversité.

 

Madame Anne Cabrit a bien voulu répondre à nos questions, pour nous aider à comprendre comment s’organise le processus de sauvegarde et d'aménagement d’espaces verts dans la région d’Île- de-France.

 

 

Comment s’est créée l’AEV?

 

Avec la croissance rapide des villes nouvelles en Île-de-France, il y a 50 ans, les collectivités de l’époque décident d'instaurer une politique de protection de la ceinture verte située à 30 km de Paris. En 1976 l’agence de l’AEV, l’agence des espaces verts, est créé en même temps que la région, afin de protéger et pérenniser ces espaces naturels agricoles et forestiers.

 

 

Quel est l’objectif du SDRIF (Schéma directeur régional d’Île-de-France) ?

 

Le SDRIF voté en 2013 permet de donner les grandes lignes d'autorisation d'aménagement du territoire de l’Île-de-France. Il permet notamment “d’éviter l’artificialisation des terres agricoles.” (En moyenne en ile de France on artificialise 1800 hectares par an).

Il réglemente également l'autorisation de constructions près des zones forestières  :

En France vous ne pouvez pas construire à 50 m d’une forêt.

 

Source https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/ra_sdrif-bat2-basse_def.pdf

 

 

Comment se définissent les Périmètres régionaux d’intervention foncière (PRIF)?

 

Les PRIFS sont des zones où la région et les communes locales ont décidées de protéger une zone. Quand la commune modifie son PLU elle peut également demander son avis à l’AEV.

 

 

Quelles sont les démarches pour l'acquisition des sites?  

 

Le budget de l’agence dépend à 80 % de subventions régionales et 20% de partenariats avec les départements, les communes les EPCI (nouvelles agglomérations..) ou même parfois des subventions avec l’agence de l’eau pour les terre agricoles.

L’AEV possède une veille foncière avec la SAFER (Les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) créé il y a 50 ans. L’agence des espaces verts acquiert un terrain uniquement pour une utilité d’ordre public et en cas de foncier trop cher. Mais aucunement, l’AEV n'achètera à la place de l'agriculteur. L’agence possède également une veille foncière avec les départements concernant les ENS, les espaces naturels sensibles.

 

 

De quels types de territoires l’ AEV s'occupe ?

 

Aujourd'hui l’AEV a environ 15000 hectares. 10000 forêts, un peu de 2000 en terre agricoles et le reste ce sont des espaces naturels (friches, landes, réserves naturelles). L’objectif est d’ouvrir au public, il faut donc entretenir, sécurisé. Pour les terres agricoles, un bail à long terme est mis en place avec l'agriculteur qui entretient ainsi le site. Pour les autres espaces, l’AEV a donc des forestiers, des agents de territoire en charge de cet entretien, ou le travail et parfois délégué à des entreprises, pour des plans de gestion (cheminement élingages des arbres... ).

 

2014-allee-dans-le-bois-de-la-grange source AEV

 

 

2011-agriculture-montesson-champ-de-salade-sur-l’espace-naturel-régional-de-montesson source AEV

 

 

2013-grand-voyeux-automne-etang-grand-morillon source AEV

 

 

En quoi consiste le plan vert régional ?

 

Le plan vert a été décidé par Valérie Pécresse, pour subvenir aux communes carencées en espaces verts. C’est à dire moins de 10 m² par habitants d'espaces verts. Il faut donc voir l’urbanisme différemment. Le plan vert c’est “à pied 15 min pour se rendre à un espace vert.”

 

 

Quel est le rôle joue L’AEV ?  

 

L'intention de l’AEV est de pouvoir apporter un savoir-faire d'ingénierie aux communes sans être intrusif dans le foncier de la commune. Avec notre équipe composée de paysagistes de techniciens, d’ingénieurs, on sait transformer des sites pollués, renaturaliser des territoires pour le redonner au public.

Par exemple pour la commune d'argenteuil de 200000 habitants on a eu l’occasion de redonner la butte Pinson un espace de 40 hectares.

 

Il existe plein de petites communes en Petite Couronne et en Grande Couronne, qui n’ont pas de services spécialisés en ingénierie. Le but est d’aller aider ces petites collectivités et les reconnecter avec des grandes collectivités pour travailler en transversalité. Notre démarche consiste à ne pas attendre que la commune vienne nous apporter un projet,  il faut les inciter à nous voir à porter des projets.

 

 

Quelles méthode pour créer un territoire résilient et respectueuse de la biodiversité?

 

L’objectif principal c’est de préserver notre patrimoine, et d’améliorer l’existant.

La stratégie de la présidente d'Île-de-France est de jouer la carte du local.

Mettre des essences locales adaptées au territoire, offrir des emplois pour des pépiniéristes locaux au lieu d’aller chercher des entreprises en Allemagne où en Italie. Il y a une grande demande de la part des citoyens de consommer local. L’agence de l’AEV au coeur de ces questions doit répondre aux attentes des Franciliens.

 

 

Comment connecter ces espaces verts avec la ville ?

 

Le SDRIF a identifié les liaisons douces, les coulées vertes les trames bleues. Le but  est de connecter ces axes avec la ville. La Tégéval est l'exemple parfait de la nature en ville.

Avec ce projet on est arrivé à intégrer la coulée verte, dans les projets d'aménagements des promoteurs liés à la commune.

 

© DR  Photo de la passerelle pour le Projet de la Tégéval

 

 

En quoi consiste le plan déchet ?

 

Ce plan consiste à trouver une solution pour tenter de diminuer les déchets sauvages  

(en bord de routes, champs agricoles sur les périphériques... ). Une politique mise en place  pour aider à financer des déchetteries et identifier où se trouvent les déchets pour aider les collectivités. Pour donner un ordre d’idée à l'agence des espace verts, le ramassage de déchet s’évalue au-delà du million d’euros.

 

 

Comment les espaces verts sont-ils protégés une fois l’aménagement terminé ?

 

Le foncier est porté par la région. C’est la collectivité locale qui va entretenir le nouvel espace aménagé. Par exemple pour la Tégéval, c'est le département du 94 qui va gérer l’entretien à 100%. Toutefois en tant que propriétaire l’AEV peut donner son avis en cas de changement d’aménagements. Par exemple si la commune souhaite apporter des nouveaux équipements de loisirs (jeux d’enfants), l’AEV est en droit de refuser  pour des questions de sécurités.

 

 

Quel objectif pour la région Île-de-France ?

 

Les gens aujourd'hui cherchent la qualité de vie, à nous politique de donner cette qualité de vie si on veut que la région d’ile de france soit la première région capitale.

 

 

 

Retrouvez tous le patrimoine des espaces verts géré par l’AEV sur :

 

-http://www.aev-iledefrance.fr/l-aev/le-patrimoine-nature-regional/le-patrimoine-nature-region

 

 

 

 

 

 

 

Tags:

Please reload

© LE PRISME magazine 2015-2019