Un architecte qui faisait le mur… Rencontre avec Ardif, architecte street artiste

31/10/2017

Quelles sont les étapes de ton parcours ?

 

J’ai fait une formation d’architecte diplômé d’Etat en passant par 2 écoles (L'École Spéciale d’Architecture et l’ENSA Paris Val de Seine). J’ai démarré par une activité d’architecte indépendant et parallèlement j’ai continué à dessiner pour finalement arriver au collage de rue il y a environ 1 an. Aujourd’hui j’envisage de passer à plein temps sur mon activité artistique.

 

 

source © Ardif

 

 

Quelles sont tes références architecturales ( autres ) qui te sensibilisent le plus ?

 

Mes références en architecture ont surtout été celles des utopistes que j’ai pu étudier pendant mes études. Notamment Constant ou Archigram. L’architecture et les explorations graphiques de Lebbeus Woods m’ont aussi beaucoup influencées. Ces architectes ont développé une pensée liée à des univers graphiques très forts et personnels avec le dessin à la main et le collage. Le cinéma de Miyazaki m’a aussi beaucoup influencé. la poésie avec laquelle il fait dialoguer l’homme et son rapport à la nature est fabuleuse.  Des auteurs de BD où l’architecture est très présente m’ont également inspiré: Schuiten, Moebius…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Formes mécaniques, fortes densités tirées des villes imaginaires conçues par François Schuiten et Moebius,constituent les sources d’inspirations de l’auteur.

 

 

Quel est ton rapport à la ville ?

 

La ville est aujourd’hui un terrain de jeu. Je me suis rendu compte qu’elle était un immense patchwork d’images, de façades, de matériaux. On peut y participer de manière éphémère grâce au street art ou de manière plus durable grâce à l’architecture. Mais dans les 2 cas on adresse un visuel au public, au passant, à l’individu urbain.

 

 

source © Ardif

 

 

Qu’apporte la technique du street art par rapport à la pratique architecturale ?

 

Aujourd’hui, je pense que c’est plus la pratique architecturale qui apporte à ma pratique du street art. L’imaginaire que je développe découle directement de mes années de formation. Mes dessins sont détaillés, faits à la règle au compas tels des dessins techniques, comme un architecte peut travailler sur sa table à dessin avant que la pratique numérique ne domine le métier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre au live performance street artiste organisé par l’association des chats noirs au musée de Montmartre : l’artiste à l’oeuvre, travaux exposés parmi les œuvres du Musée source  Le prisme © Ardif

 

 

 

Quels messages souhaites-tu transmettre à travers tes œuvres urbaines ?

 

Mon message est la recherche d’un équilibre. En effet cette hybridation entre architecture machine et nature vient d’une fascination pour les 2 univers. Le progrès technique est indispensable à notre évolution et nous ne pouvons ni ne devons l’empêcher, par contre il doit se faire en dialogue et en harmonie avec notre rapport à notre environnement naturel. L’un ne peut prendre le pas sur l’autre sans que cela ne mène au chaos. J’utilise aussi l’image de l’animal pour emmener le public dans mon univers par le biais d’une figure familière. Après comme il s’agit d’oeuvres de rue ouvertes au regard, j’aime bien que le public ait sa propre interprétation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Process : dessin sur papier d’animaux hybrides collés ensuite sur les murs source © Ardif

 

 

La pratique du street art peut-elle être liée au processus de conception architecturale ?

 

Si on parle de processus créatif je pense qu’on peut y trouver des liens. Je pars d’une esquisse et puis j’explore les différentes formes possibles pour finalement arriver à un résultat final qui s’inspire de son environnement (dans mon cas l’animal). Après, le rapport au temps n’est pas du tout le même, la création se fait plus rapidement et l’oeuvre de rue reste éphémère. J’ai aussi moins de contraintes créatives qu’un projet architectural (client, programme, budget…)

 

 

Quel rapport social existe dans la dimension du street art par rapport à l’architecture ?

 

Le street art est une manière de se réapproprier l’espace urbain et son architecture. Le street artiste explore, révèle, questionne des morceaux d’architecture. Par exemple les pignons aveugles sont souvent investis, portant sur eux un nouveau regard. C’est finalement un jeu entre ce que l’architecte a proposé comme enveloppe à son bâtiment et ce que l’artiste peut y créer pour en faire un bout de musée à ciel ouvert. Les œuvres peuvent être à l’échelle du bâtiment ou du passant permettant au public de reprendre conscience de l’échelle de son environnement.

 

 

source © Ardif


 

Si tu pouvais réaliser en 3d tes œuvres street art, comment l'envisagerais-tu ?

 

Je l’envisagerai comme une immense sculpture pénétrable. Comme le cyclope de Tinguely. Un assemblage de pièces formant une improbable cohérence dans laquelle on puisse déambuler. Ce serait l’aboutissement entre l’oeuvre dessinée et l’oeuvre architecturale.

 

 

 L’architecte / street artiste au milieu de ses œuvres source © Ardif

 

 

Pour plus d’informations

 

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