L'exposition "Objets Précieux Art Déco de la collection du Prince Sadruddin Aga Khan" est ouverte à L'Ecole des Arts Joailliers à Paris jusqu'au 25 avril 2018

11/04/2018

Venez découvrir  la collection exceptionnelle du Prince Sadruddin  Aga Khan offerte à son épouse Catherine Aleya Aga Khan. Au sein de l'exposition, 46 boîtes sont mis en lumière sur 116 de la totalité de la collection. Ces étuis à cigarettes, minaudières, nécessaires, poudriers et autres objets ont été présentés pour la première fois à New York au Cooper Hewitt Museum lors de l'exposition Jazz Age.

 

 

Vidéo de présentation 

 

 

Le nom Aga Khan, titre turco-moghol gratifié par le Shah d’Iran à cette dynastie ancestrale, nous est plus connu pour le jubilée de diamants de l’Aga Khan III qui reçut de ses disciples en 1946 son poids en diamants. Mais ce sont aussi le mariage du demi-frère de Saddrudin, le Prince Ali Khan avec Rita Hayworth ou les fabuleux haras du Prince Karim Aga Khan, son neveu et actuel chef spirituel des Ismaéliens, qui ont fait la renommée de cette famille.

Cet homme à la vie passionnante et au passé multiculturel est le fruit d’une rencontre entre l’Orient et l’Occident. Descendant direct du Prophète par son père l’Aga Khan III, de la dynastie persane des Qadjar par sa grand-mère maternelle, il est aussi à moitié Français par sa mère la princesse Andrée.

Saddrudin Aga Khan fit ses études dans l’internat du Rosey en Suisse puis à Harvard aux Etats-Unis. Il a mené une vie discrète passée en grande partie en Suisse, où il possédait le magnifique château de Bellerive et un hôtel particulier au cœur de la vieille ville.

 

Citoyen du monde, il fut un humaniste philanthrope et idéaliste et un homme de paix. Le prince était connu pour son rôle important au sein de l’UNESCO, du Haut-Commissariat pour les réfugiés, de la fondation Bellerive, pour la protection de la planète. C’est à lui que nous devons la réintroduction du gypaète barbu
dans les montagnes suisses. Derrière ces fonctions politiques, sociales et humanitaires se cachait aussi un esthète et un homme d’une grande culture, un amateur d’architecture et un passionné d’art : il collectionnait, entre autres, l’art africain et possédait l’une des plus belles collections d’art islamique au monde composée des miniatures et calligraphies ottomanes, persanes ou mogholes qui lui rappelaient ses racines orientales. Cette collection, présentée dans les plus grands musées du monde, est exposée dans le musée Aga Khan de Toronto. Pendant près de trente ans, il a aussi acquis des nécessaires de beauté, boîtes, pendules et objets précieux créés par les plus grandes Maisons de la Place Vendôme et qu’il a offerts à son épouse la princesse Catherine à différentes occasions importantes de leur vie, en célébration de leur amour.

 

Cette collection est riche d’une centaine de boîtes et pendules créées dans les années 1920 et 1930. L’École

des Arts Joailliers a choisi de présenter une cinquantaine de pièces qui représentent la quintessence de l’Art Déco. Un style qui doit son nom à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, qui se tint à Paris en 1925 et qui s’épanouit au niveau mondial au cours des années 1920, avant de décliner à partir des années 1935.

 

Ces objets d’une beauté incomparable sont le témoignage de la créativité de la période Art Déco mais aussi le reflet de l’indépendance naissante des femmes. Pendant la guerre, elles ont travaillé et se sont émancipées. Après le conflit, il leur était impossible de revenir en arrière, les modes de vie ayant définitivement évolué. Après une période de privation, place au luxe, à la joie de vivre, à l’exubérance, aux années folles et au « jazz age ». Le statut social et les comportements des femmes ont définitivement changé : elles pratiquent le tennis ou le golf, conduisent une voiture, boivent des cocktails et dansent jusqu’au bout de la nuit sur des airs jazzy, parées de robes droites et courtes et coiffées à la garçonne. Un style de vie qui témoigne de la richesse et du glamour de la haute société de l’entre-deux guerres à Paris comme à New York. Les élégantes sont désormais autorisées à se maquiller et à fumer en public. La cigarette n’est plus l’apanage de la gent masculine.

 

Ainsi dénommé, de façon rétrospective, en référence à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui se tint à Paris en 1925, le style Art Déco trouve en vérité ses premières expressions beaucoup plus tôt, dès la fin des années 1900, que ce soit dans la production des Wiener Werkstätte ou dans certaines œuvres de Paul Iribe (1883-1935), comme l’album publicitaire Les robes de Paul Poiret racontées par Paul Iribe, de 1908. Se développant dans les domaines de l’architecture et des arts appliqués jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, voire au-delà, l’Art Déco demeure difficile à définir de façon univoque, en raison d’une grande hétérogénéité esthétique et de sources d’inspiration nombreuses, mais il trouve d’abord son unité dans une opposition aux excès du style Art Nouveau qui l’a précédé, refus se traduisant par l’usage d’arabesques plus pondérées, de lignes droites et de formes géométriques. L’emploi de couleurs vives et tranchées, rappelant celles de la production des Wiener Werkstätte ainsi que les décors et costumes des Ballets russes qui se produisent à Paris dès 1909, se démarquent ainsi des teintes plus pastelles goûtées autour de 1900.

 

Dans l’article « Le nouveau style », publié en 1912 dans la revue L’Art Décoratif, André Vera (1881-1971) prône en matière d’arts appliqués « un art d’ordonnancement éminemment architectural », « une simplicité volontaire », « une symétrie manifeste », et souhaite « faire résider l’intérêt de l’œuvre dans la beauté de la matière et dans
la justesse des proportions ». Il appelle à un retour à la tradition nationale, dans le but d’innover tout en s’inscrivant dans la continuité des grands styles français. Si Vera évoque « la corbeille et la guirlande de fleurs et de fruits » parmi les motifs « constituant la marque du nouveau style », d’autres ornements emblématiques de l’Art Déco étaient déjà apparus, en particulier celui d’une rose stylisée et géométrique, popularisée par Paul Iribe, et reprise par de nombreux artistes, de Louis Süe (1875-1968) et André Mare (1885-1932) à Paul Follot (1877-1941), en passant par les dessinatrices de l’Atelier Martine de Paul Poiret (1879-1944).



 

 

L’extraordinaire collection d’objets précieux
du Prince Saddrudin Aga Khan et de son Épouse la Princesse Catherine composée des nécessaires de beauté et les étuis et fume-cigarettes font leur apparition. Offerts à l’admiration de tous, ils étaient ostensiblement placés sur la table d’un dîner mondain ou sur le comptoir d’un bar de

night-club. Fumer, se poudrer le visage ou se maquil-
ler les lèvres faisait partie d’une gestuelle de séduction

et de glamour. Ces boîtes précieuses étaient un sym-
bole de statut social, de richesse, de sophistication et

de raffinement.


Véritables trésors d’inventivité et d’ingéniosité, un maximum d’accessoires se cachaient dans un minimum d’espace : un poudrier, un tube de rouge à lèvres, un vaporisateur de parfum ou un minuscule briquet. Un miroir permettait à l’élégante de peaufiner son maquillage.


Les couvercles sont ornés de petits tableaux miniatures, autant de petits chefs-d’œuvre de beauté, de créativité et de prouesse technique. Ils offrent des styles artistiques mêlant influences iconographiques orientales et modernes et une variété de matériaux et de savantes techniques. De nombreux métiers ont en effet permis la création de ces boîtes : laqueur, émailleur, marqueteur, orfèvre, tabletier, sertisseur, polisseur, lapidaire et joaillier. Scènes de chasse au tigre, de fleurs de pommier, d’arabesques persanes, de dragons chinois, d’oiseaux de paradis, de cyprès, scènes exotiques de panthères dans la jungle, de temples japonais, ou de motifs plus abstraits et géométriques inspirés par le courant moderniste, s’épanouissent sur toute la surface des ces luxueux

objets.


C’est une fabuleuse collection que L’École des Arts joailliers est fière de présenter pour la première fois en France. Elle nous fait découvrir l’Art entre Orient et Occident, du monde islamique à l’Asie et à l’Europe, dans la haute société raffinée et élégante des grandes capitales européennes des années vingt et trente.

 

 

(source : cp)

 

Plus d'informations

 

L'Ecole des Arts Joailliers
du 4 au 25 avril 2018

Entrée libre du lundi au samedi

de 12h à 19h

31, rue Danielle Casanova, 75001 Paris

 

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