Cycle Premières images du Maghreb du 30 mai au 30 juin 2018 à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

C'est au Maghreb que la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé a choisi de terminer sa saison de cinéma muet. Les projecteurs seront plus précisément braqués sur le Maroc, la Tunisie et l'Algérie. La Fondation exhumera en effet les premières images filmées de ces trois pays d'Afrique du Nord et reviendra ainsi sur le regard, pétri de l'idéologie coloniale, que l'industrie cinématographique porte sur le Maghreb à l'orée du XXème siècle.



Tandis qu'en 1895, le cinématographe offre aux opérateurs l'occasion de capter des images originales à travers le monde, Alexandre Promio (1868-1926) devient l'un des premiers opérateurs Lumière à s'intéresser à l'Afrique du Nord. Il y tourne des images des différentes villes traversées, des paysages et de scènes de la vie quotidienne.


Puis, au début du XXème siècle l'industrie cinématographique européenne s'exporte au Maghreb. Les projections organisées in situ permettent aux spectateurs de découvrir à la fois le spectacle cinématographique et de voir des images de leur pays. Outils de propagande à part entière ces films reflètent, par le choix des sujets « Artisanat et industrie », « Architecture, villes et archéologie », le projet civilisateur d'une Europe qui ne doute pas d'elle-même. Il s'agit de reproduire de l'autre côté de la Méditerranée un modèle présenté comme universel qui passe par l'éducation, la santé et le développement des infrastructures.


Sahara The Mystic © Lobster Films



Toutes ces images servent aussi à flatter l'imaginaire des spectateurs en France. Les films sont inspirés de la mode orientaliste qui nourrit le rêve occidental depuis le XIXème siècle. De solides archétypes (la danseuse orientale, la foule anonyme, les ruelles pittoresques, les cavaliers Spahis) et les préjugés négatifs (l'indigène sournois) sont repris à l'écran.


Deux cinéastes se démarquent, cependant, par leur regard intime sur le Maroc et la Tunisie : Gabriel Veyre (1871-1936) photographe et cinéaste qui dresse un portrait vibrant et inspiré du Maroc ; Albert Samama Chikli (1872-1934) qui fut le premier et seul cinéaste autochtone tunisien à réaliser des fictions dans son pays natal (Zohra et Aïn El Ghazel).


C'est à partir de la fin des années 1910, que les cinéastes se mettent à rêver des décors d'Afrique du Nord. Un des premiers à franchir la Méditerranée pour y poser sa caméra est le metteur en scène Luitz-Morat. Il réalise le premier film de fiction tourné en Tunisie : Les Cinq Gentlemen maudits. En 1921 le jeune cinéaste belge, Jacques Feyder, entreprend un projet d'envergure, l'adaptation cinématographique du roman L'Atlantide (1919) de Pierre Benoit tourné au cœur du Sahara. Le film rencontre un très grand succès et fascine le public français. C'est ainsi que la mode des films tournés à l'ombre des palmiers et des murailles des kasbah commence. Les longs-métrages tels que L'Occident (1928) d'Henri Fescourt ou Yasmina (1925) d'André Hugon... suivent cette ascendance.


Du 30 mai au 30 juin 2018, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose donc de traverser les premières images filmées du Maghreb pour vivre un périple inédit en Ciné-Concert.



Au programme :


Alexandre Promio, un opérateur Lumière (40min) Mercredi 30 mai 2018 à 15h et Samedi 9 juin 2018 à 14h


Architecture, ville et archéologie (50min) Mercredi 30 mai 2018 à 16h et Samedi 30 juin 2018 à 14h


Exotisme (1h) Programme présenté par Emmanuelle Devos (Cinémathèque Robert Lynen) Jeudi 31 mai 2018 à 14h et Vendredi 15 juin 2018 à 15h


Le Désert, une quête imaginaire (1h) Vendredi 1er juin 2018 à 16h et Jeudi 21 juin 2018 à 14h


Les Cinq Gentlemen Maudits de Luitz Morat, 1920 (1h05) précédé de Tunis, rues et paysages, 1922 (4min) Samedi 02 juin 2018 à 13h30 et Mardi 19 juin 2018 à 16h


L’Atlantide de Jacques Feyder, 1921 (2h40) précédé de Dans le Sud-Oranais, 1921 (8min) Mardi 05 juin 2018 à 14h30 et Vendredi 22 juin 2018 à 15h


Après-midi spéciale dédiée à Albert Samama Chikli Mercredi 06 juin 2018 à partir de 14h


Le Bled de Jean Renoir, 1929 (1h45) Jeudi 07 juin 2018 à 14h


L’Occident d’Henri Fescourt, 1928 (2h) Vendredi 08 juin 2018 à 15h et Mercredi 27 juin 2018 à 15h30


Fêtes, coutumes et vie quotidienne (40min) Mardi 12 juin 2018 à 14h30 et Samedi 16 juin 2018 à 14h


René Moreau, opérateur et photographe (1h) Mardi 12 juin 2018 à 16h et Vendredi 15 juin 2018 à 16h30


Yasmina d’André Hugon, 1926 (2h30) précédé de Tunis, le Bey se rend à la mosquée, 1912 (1min) Mercredi 13 juin 2018 à 15h et Vendredi 29 juin 2018 à 15h


Artisanat et industrie (50min) Jeudi 14 juin 2018 à 14h Samedi 23 juin 2018 à 14h


Carte blanche à la Cinémathèque de Tanger (40min) Samedi 16 juin à 16h30


Albert Samama Chikli, un pionnier du cinéma tunisien (50min) Mardi 26 juin 2018 à 15h


Albert Samama Chikli, opérateur de guerre (1h) Mardi 26 juin 2018 à 16h30


Gabriel Veyre (1h)


Programme présenté par Philippe Jacquier (Galerie Lumière des roses) Jeudi 28 juin 2018 à 14h



Plus d'informations

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

73 Avenue des Gobelins, 75013 Paris

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