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Plateau Urbain, un outil pour la revalorisation des friches dans la ville

28/05/2018

Aventure urbaine de deux ans (débutant sa deuxième session depuis janvier 2018), “Les Grands Voisins” ​(friche de l'hôpital Saint Vincent de Paul, dans le 14 arrondissement) fut l’exemple d’un nouveau quartier d’expérimentations sociales en plein Paris : espaces de coworking, ateliers à prix réduits, galeries éphémères, logements d’urgences, ferme aquaponiques, sauna, commerces de proximité, starts up, conférences, associations… Rencontre avec Paul Citron l’un des co-fondateurs de l’association qui nous explique ce nouveau processus dans la ville.

 

source : https://www.plateau-urbain.com/

 

En attendant une réhabilitation totale de la friche, l'enjeu fut d'utiliser le temps “de vacances” de cette opportunité foncière en proposant de nouveaux usages. Née en 2013, la coopérative Plateau Urbain​ s’inscrit dans une démarche de revalorisation. Lançant régulièrement des appels à projets (comme celui prochainement de l'entrepôt de 17000 m² des Acteurs de Demain à Antony), cette association pluridisciplinaire vise à mutualiser différents corps de métiers, ainsi que promouvoir des activités du réemploi, artisanales et artistiques, d'agriculture urbaine ou d’ économie circulaire…

 

Exemple des Grands Voisins, un micro quartier aux multiples activités de l’ancien Hôpital Saint Vincent de Paul © Le Prisme

 

Comment Plateau Urbain se positionne dans le processus de revalorisation foncière ?

On essaie de redonner une utilité à des bâtiments qui sont temporairement sans valeur d’échange. Généralement ce sont des structures vides, obsolètes sans rôle dans la ville. L’objectif est de profiter de cette “période de vacances” pour tester de nouveaux programmes, pour les habitants, les acteurs associatifs, culturels, économiques qui sont d’habitude un peu exclus des modèles immobiliers traditionnels. L’idée est de tester une économie plus sociale et solidaire pour permettre notamment à des jeunes entreprises de développer leur activité avec un site d'hébergement locatif plus abordable.

 

Quelle est votre stratégie pour convaincre les propriétaires d’une telle démarche ?

Notre stratégie est d’aller à la rencontre des grands propriétaires en tant que “service urbain”, de leur proposer une plue value pour leur foncier en attente de projets. L’idée est d’habiter l’espace dans un temps court ( 1 à 3 ans ) avec des aménagements éphémères. Créer des activités dans le bâtiment permet d’animer la vie de quartier et de réfléchir aux besoins futurs des habitants. Cela donne à voir la création de nouveaux liens sociaux et “mixe des mondes” qui ne se parlent pas forcément.

 

Quels avantages peut apporter ce nouveau mode d’urbanisation ?

Ce processus permet de tester des nouveaux usages urbains (agriculture urbaine, art coopératif, marché local, artisanat...), des modes d’énergies renouvelables ou encore d’apporter un toit aux personnes vivant dans la précarité. L’aménagement urbain à temps court permet aux usagers de s’impliquer davantage que sur des projets qui s'étalent sur 10 ans. Ces projets doivent se construisent plus vite et ont une visibilité plus importante auprès du public (3 ans pour un urbaniste classique c’est rien, cependant pour une association ou un habitant, c’est conséquent).

 

 Le génie d’Alex, un centre d’art éphémère sous le pont Alexandre III

 

Les petits Serres, Un espace temporaire de création et de production pour l'art, l'artisanat, les start-up, l’hébergement solidaire et les associations. Source les Petites Serres

 

Comptez-vous reproduire le modèle des Grands Voisins pour d’autres friches ?

Avant tout notre association met en place la démarche, mais la programmation finale doit appartenir aux usagers. Chaque projet est unique par son identité, son espace son contexte et son histoire. L’objectif est de ne pas tomber dans une forme de standardisation d’un modèle urbain reproductible.

 

Travaillez-vous sur des friches rurales ?

En général notre travail est exclusivement lié à une demande. S’il y a plus de bâtiments que de volonté d’utiliser ces derniers, c’est plus difficile de se projeter. Notre champ d’étude se concentre actuellement sur les zones urbaines denses, telles que Paris, Lille, ou encore Marseille.

 

Comment placez-vous votre démarche dans les schémas urbains actuels ?

Société coopérative d'intérêt collectif, notre travail est d’apporter dans des études urbaines classiques, des expertises sur du foncier réutilisable, des propositions pour des aménagements à temps court moins onéreux (exemple d’études en cours : Inventons la Métropole du Grand Paris, Amiens Cosserat, Amiens métropole,Nantes - Casernes Mellinet,Village Reille…). Aujourd’hui ce processus semble convaincre de nombreux acteurs de la ville, mais un travail communication est nécessaire, afin de persuader les plus frileux. Plateau urbain se positionne davantage comme un outil urbain qui s’inscrit dans une époque de plus en plus consciente des enjeux durables, avec pour moteur la protection ses ressources.

 

 

Pour plus d’informations 

Site internet :https://www.plateau-urbain.com

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