© LE PRISME magazine 2015-2019

Fritz Lang au programme de l'Institut Lumière pendant deux mois

18/11/2019

En 2018, la rétrospective Alfred Hitchcock avait créé l'événement. Sur le même modèle, nous vous proposons de passer deux mois avec l'un des plus grands maîtres du cinéma. De ses débuts avec certains des films muets les plus emblématiques, comme Metropolis ou Le Docteur Mabuse, à la période américaine, un tour d'horizon complet émaillé de nombreux événements, ciné-concerts, soirées spéciales et intervenants parmi lesquels Bertrand Tavernier et Michel Ciment. Pour compléter l'événement, une exposition d'affiches de patrimoine sera proposée à la Galerie Cinéma de la rue de l'Arbre Sec. 

 

 

Il est peut-être le plus grand maître de l’âge classique. Tout au long de sa double carrière, en Allemagne puis aux Etats-Unis, Fritz Lang (1890-1976) n’a cessé de traquer la face noire de l’homme : la volonté de puissance, la tentation du mal et la culpabilité qui parfois l’accompagne, ou, comme le notait François Truffaut, « la solitude morale, l'homme menant seul une lutte contre un univers mi-hostile, mi-indifférent ».


Mais ses films, à la mise en scène d’une précision insensée, sont avant tout des polars, des récits d’espionnage, des westerns ou des films noirs. Action, suspense, émotion : Fritz Lang croyait à cette spécificité du cinéma de pouvoir fouiller au plus profond de la psyché humaine à travers les récits les plus accessibles, emplis d’aventures et de péripéties.

 

 

En 1921, le succès des Trois Lumières (1921) l’assoit comme le cinéaste star de l’entre-deux-guerres allemand. Mais il abandonne vite l’expressionnisme pour peindre (au vitriol) les dessous de l’instable République de Weimar. Et prédire au passage le règne de terreur qui va lui succéder : Le Docteur Mabuse (1922), monumental récit sur un génie du mal, Metropolis (1927), matrice de toutes les "dystopies" de science-fiction en vogue aujourd’hui et le chef-d’œuvre M le maudit (1931) où la traque d’un tueur (génial Peter Lorre) est l’occasion d’un portrait sans concession de la société de l’époque.


Refusant de travailler pour le Reich, Lang choisit l’exil : la France, puis les Etats-Unis. Après deux films courageux sur la justice (Furie, 1936 et J’ai le droit de vivre, 1937), l’expérience américaine va connaître des hauts et des bas, des périodes de gloires puis de disette, la propre « volonté de puissance » du cinéaste se heurtant au système de production. Lang vivra toujours dans la crainte d’être réduit au silence.

 

 

Et pourtant, que de chefs-d’œuvre : récits anti-nazis comme Les Bourreaux meurent aussi (1943), coécrit par Bertold Brecht, ou Espions sur la Tamise (1944) thrillers psychologiques comme Le Secret derrière la porte (1957) ou House by the river (1950), polars plus noirs que noirs comme Règlement de comptes (1953), inattendue parenthèse romanesque et romantique avec les merveilleux Contrebandiers de Moonfleet (1955).


Longtemps jugée inférieure à ses travaux allemands, son œuvre américaine est réhabilitée par la critique – notamment les « Mac-Mahoniens » de la revue Présence du cinéma. Lang retourne alors en Europe après avoir tourné pour un producteur allemand un saisissant diptyque indien (Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou, 1959), synthèse de son art de la mise en scène et de son goût de l’aventure. Grand maître justement célébré, il joue son propre rôle dans Le Mépris (1963) de Jean-Luc Godard. Son talent nous éblouit toujours.

 

 

(source cp)

 

 

 

Plus d'informations

 

Institut Lumière

Rue du Premier-Film, Lyon 8e

Du 19 novembre 2019 au 28 janvier 2020

 

Site officiel

 

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